Qu’est-ce qu’un traumatisme psychique ?
Définition
Un traumatisme psychique correspond à une expérience qui dépasse les capacités
habituelles d’adaptation d’une personne.
Ce n’est pas uniquement la nature de l’événement qui détermine son caractère traumatique,
mais la manière dont il a été vécu au moment où il s’est produit, ainsi que la possibilité ou non de l’intégrer par la suite.
Deux personnes peuvent vivre une situation similaire sans en garder les mêmes traces.
Des formes différentes de traumatisme
Toutes les situations traumatiques ne se présentent pas de la même manière.
Certaines sont liées à un événement unique, soudain, qui vient rompre brutalement un
sentiment de sécurité.
D’autres s’inscrivent dans la durée, à travers des expériences répétées, parfois plus
discrètes, mais qui s’accumulent avec le temps.
On parle alors de traumatisme complexe.
Il ne s’agit pas nécessairement d’un événement isolé, mais d’un ensemble d’expériences qui,
progressivement, viennent affecter la manière dont une personne se perçoit, perçoit les
autres, et se sent en sécurité dans le monde.
Ces situations s’inscrivent souvent dans un contexte relationnel, notamment lorsque
l’environnement manque de stabilité, de prévisibilité ou de soutien.
Quand l’expérience ne s’inscrit pas dans le passé
Qu’il soit lié à un événement unique ou à des expériences répétées, le traumatisme a en
commun de ne pas toujours s’inscrire comme un souvenir passé.
Certaines expériences restent actives dans le présent.
Cela peut se traduire par une sensation d’alerte, une difficulté à se détendre, ou des
réactions émotionnelles qui semblent disproportionnées.
Dans certains cas, des souvenirs peuvent s’imposer. Dans d’autres, ce sont plutôt des états
internes, tensions, émotions, sensations qui apparaissent sans que leur origine soit
clairement identifiable.
Une logique de fonctionnement
Lorsque l’expérience ne peut pas être intégrée au moment où elle survient, elle reste
inscrite sous une forme particulière.
Elle peut être associée à des émotions intenses, à des sensations corporelles ou à des
éléments fragmentés.
Dans le cas du traumatisme complexe, ces éléments peuvent s’inscrire plus profondément
dans le fonctionnement global, influençant durablement la régulation émotionnelle, les
relations ou l’image de soi.
Le système nerveux peut alors continuer à réagir comme si le danger était encore présent.
Le rôle des déclencheurs
Certaines situations peuvent réactiver ces éléments.
Il ne s’agit pas nécessairement de situations similaires à l’événement initial. Parfois, un
détail suffit : une manière de parler, une ambiance, une interaction.
Ces déclencheurs peuvent être discrets, ce qui rend les réactions difficiles à comprendre.
Cela peut donner l’impression que les réactions apparaissent sans raison, alors qu’elles sont
liées à une expérience passée.
Le rôle du travail thérapeutique
L’accompagnement vise à permettre une intégration plus adaptée de ces expériences.
Il ne s’agit pas de les effacer, mais de modifier la manière dont elles continuent d’influencer
le présent.
Dans le cas du traumatisme complexe, le travail peut nécessiter davantage de temps,
notamment pour reconstruire un sentiment de sécurité et de stabilité.
Certaines approches, comme l’EMDR, permettent de travailler directement sur des
souvenirs ou des éléments encore actifs, afin d’en atténuer l’impact.
Bibliographie
Shapiro, F. (2018). Eye Movement Desensitization and Reprocessing (EMDR) Therapy.
Guilford Press.
Tarquinio, C., & Tarquinio, P. (2017). Pratique de l’EMDR. Dunod.
van der Kolk, B. (2014). The Body Keeps the Score. Viking.
van der Hart, O., Nijenhuis, E., & Steele, K. (2006). The Haunted Self. Norton.